Les émissions des centres de données
- 31 août 2026
- Réchauffement climatique, chiffres et analyses
Les centres de données ont un coût carbone à la construction qui s’amortit avec le temps et un coût à l’utilisation.
La construction inclut le bâtiment et l’équipement, chacun ayant leur propre durée de vie, avec des émissions dépendant de comment les matériaux, ou les composants électroniques, etc. ont eux-mêmes été produits.
La construction
On considère que le bâti a une durée de vie de 10 à 20 ans tandis que les équipements électroniques doivent être renouvelés tous les 3 à 10 ans.
L’utilisation
Le coût à l’utilisation dépendra du mix électrique utilisé. Par exemple, en France, en Suède, au Canada, etc., le mix électrique est peu carboné et donc les centres de données sont moins émetteurs. Ce sera l’inverse aux É.-U., en Allemagne, au Japon, en Russie, etc., et encore pire en Pologne, Chine ou Inde. Il y a souvent aussi d’importantes disparités à l’intérieur d’un même pays (notamment aux États-Unis ou en Russie).
Un exemple, le centre DC19 de Marcoussis
Le centre DC19 de Marcoussis a fait l’objet d’une étude donnant pour 20 ans d’utilisation la répartition suivante des émissions :
- 48% pour l’électricité (tant bien même qu’il s’agisse d’électricité bas carbone du mix électrique français)
- 25% pour la construction du bâtiment et de l’infrastructure électrique
- 20% pour la construction des équipements informatiques
- 7% pour l’entretien (fluides, frigorigènes, démantelement, transport)
En valeur absolue, sur la base d’une utilisation sur 20 ans, les émissions planifiées pour le centre DC19 sont de 600t CO2e par an, c’est-à-dire équivalentes aux émissions de 70 français moyens.
Ramenées à la puissance électrique, les émissions sont de 144g par MWh, soit une intensité 3-4 fois supérieures à celle du mix électrique français (qui est de 41g).
Un autre exemple, le projet de méga-centre d’Amazon au Texas
Le projet de super-centre de données d’Amazon au Texas prévoit d’employer du gaz et donc d’émettre beaucoup plus par MWh, soit à vue de nez, 500g par MWh, considérant que l’intensité du gaz pour la production d’électricité est de 400g par MWh, et en comptant, comme pour Marcoussis, un amortissement de 100g d’émissions pour la construction.
Autres considérations
La production de chaleur
Un centre de données produit de la chaleur qui peut être perdue ou récupérée pour le chauffage.
L’utilisation de minerais
La production de minerais s’inscrit dans des contextes géo-politiques parfois délicats (cf par exemple au Kivu).
Évolutions prévisibles des coûts
Chacun des postes d’émissions étant amené à évoluer suite à la décarbonation des secteurs concernés, les proportions sont susceptibles d’évoluer à la baisse avec le temps.